Union Syndicale des Retraités d’Air France/CGT

14ème congrès de l’USRAF CGT

Saint Georges-de-Didonne

Du lundi 22 au jeudi 25 septembre 2025

 

DOCUMENT D’ORIENTATIONS

 

 

LE SYNDICALISME RETRAITÉ :

NE FORCE D’AVENIR SOLIDAIRE NÉCESSAIRE

 

Pour le progrès social et une société pour tous les âges.

 

 

Le contexte national et international est fait de beaucoup d’incertitudes et d’inquiétudes et n’a malheureusement pas changé depuis notre dernier congrès, bien au contraire. Sauf le fait que les différents gouvernements de Macron s’attaquent de plus en plus aux retraité-e-s afin de protéger les intérêts du capital.

 

L’évolution démographique fait que les retraité-e-s sont de plus en plus nombreux dans la société.

 

Leurs besoins et leurs revendications sont divers au regard de leur âge, de leurs ressources, de leur état de santé et de leur espérance de vie.

 

Cela impose de militer pour la construction d’une société pour tous les âges et de faire connaître à tous les salarié-e-s en activité l’importance de la continuité revendicative lors du passage à la retraite.

 

La continuité syndicale et le renforcement sont devenus primordiaux et vitaux pour notre syndicalisme.

 

Cela impose aussi aux retraité-e-s CGT la poursuite de la lutte pour la transformation de la société, pour la paix, le désarmement et sauvé la vie sur la planète.

 

L’USRAF doit s’engager sur de nombreux fronts afin de garder les conquis sociaux qui nous restent et d’en conquérir de nouveaux.

 

NOTRE RÔLE DE SYNDIQUÉ-E-S RETRAITÉ-E-S DANS CETTE SITUATION :

La syndicalisation des retraité-e-s subit une érosion constante. Nous rencontrons des difficultés sur l’adhésion et sur la continuité syndicale. Nous avons des responsabilités dans ce bilan.

 

Comme retraité-e-s aujourd’hui, comme actives et actifs hier, nous, syndiqué-e-s CGT, voulons continuer de combattre le système capitaliste.

 

Le syndicalisme retraité reste à la croisée des chemins, et doit se définir en se donnant les moyens de répondre aux exigences sociales d’une population de retraité-e-s en pleine expansion.

 

Les nouveaux retraité-e-s dont les pensions ne représentent plus que 60 % de leur salaire annuel dans le meilleur des cas, doivent souvent assurer les études, ou le chômage de leurs enfants et petits enfants, parfois aussi la charge de leurs parents. Ce qui impose à de nombreux retraité-e-s de poursuivre une activité professionnelle pour assurer leur quotidien.

 

La qualité de vie des retraité-e-s est remise en cause avec de plus en plus de violence par la politique libérale de ces dernières décennies : désindexation des pensions, allongement des années de cotisations, allongement de l’âge de départ, fiscalisation étendue des pensions avec la CSG et ses augmentations, la suppression de la ½ part supplémentaire, le non-remboursement de médicaments et de soins, ...

 

Et bientôt, si nous laissons faire la suppression de l’abattement fiscal de 10% qui de fait entrainera une augmentation importante des impôts pour les retraité-e-s qui en payent. Et de plus 500 000 retraité-e-s se verront imposer avec de nombreux impacts sur les aides sociales.

 

Egalement, si nous laissons faire, il y a aussi dans ses tuyaux, l’année blanche (aucune indexation de toutes les aides sociales au coup de la vie), ce qui aura pour effet de dégrader énormément le pouvoir d’achat de tous les retraité-e-s.

 

Sans compter, également la T.V.A. dite « sociale » envisagée par le gouvernement actuel et qui n’aura pour effet d’augmenter les impôts de tous les retraité-e-s y compris ceux qui n’en payent pas.

 

Alors que nous savons tous que notre système social ne souffre pas d’un problème de dépenses mais d’un manque de recettes dû aux cadeaux fiscaux fait par Macron aux grands groupes capitalistes.

 

Le contentieux revendicatif des retraité-e-s ne cesse de s’alourdir, et nécessite à la fois un engagement militant plus important qui doit s’accompagner d’un travail de terrain compliqué pour garder le contact avec les retraité-e-s et gagner les adhésions des futurs retraité-e-s.

 

Mais toutes ces attaques envers les retraités ne doivent pas nous éloigner de nos revendications spécifiques au niveau de l’USRAF :

Il est primordial de mener le premier combat, pour les retraité-e-s d’Air France par des revendications spécifiques qui s’adressent en premier lieu à eux.

 

Cela commence par le financement patronal de la mutuelle pour les retraité-e-s d’Air France.

 

Cela passe également par le même droit aux GP que pour les actifs.

 

N’oublions pas aussi un accès aux parkings et locaux d’Air France pour les retraité-e-s.

 

Un accès aux activités des C.S.E. (ex CE) et du C.S.E.C. (ex CCE) comme en dispose le code du travail, alors que ce droit nous est retiré dans la quasi totalité de nos C.S.E.

 

Les salarié-e-s qui ont quittés l’entreprise depuis le 6ème plan social déguisé en Plan de Départ Volontaire, ne sont plus considérés comme retraité-e-s Air France lorsqu’ils arrivent à l’âge de la retraite, seuls ceux qui ont pris le D.F.C. (Dispositif de Fin de Carrière) le sont. L’USRAF continuera a proposer l’adhésion à ces anciens salarié-e-s qui pour certains ont travaillé plus de 30 ans à Air France et qui ne sont pas considérés comme retraité-e-s Air France.

 

L’USRAF DOIT ÊTRE AUX CÔTÉS DES ACTIFS DE LA CGT AIR FRANCE :

Il est certain qu’en tant que retraité-e-s d’Air France, nous n’avons plus le pouvoir qu’est le levier puissant de la grève pour imposer nos revendications. Cela ne peut se faire qu’en passant par les actifs. C’est pourquoi, nous devons avec les actifs avoir les mêmes combats, pour que nous puissions conquérir de nouveaux droits et reconquérir ceux que nous avons perdus.

 

Car, si nous sommes aux côtés des actifs, lorsqu’ils sont en conflit pour l’augmentation des salaires, cela aura pour effet d’augmenter les recettes perçues par les cotisations sociales.

 

Si, nous sommes aux côtés des actifs, lorsqu’ils sont en conflit pour l’égalité salariale femme/homme, cela aura également pour effet d’augmenter les recettes perçues par les cotisations sociales.

 

Et si nous sommes aux côtés des actifs dans ces actions, il nous sera possible de leur faire comprendre la nécessité d’augmenter les pensions.

 

Si, nous sommes aux côtés des actifs pour revendiquer une nationalisation d’Air France passant par une régulation du trafic, on pourra continuer à bénéficier des GP puisque Air France survivra. La libre concurrence étant faussée et déloyale ne peut entrainer qu’un recul social pour tous.

 

L’USRAF doit œuvrer pour imposer la nécessité d’une régulation du Transport en France.

 

Quand les actifs se battent pour leurs conditions de travail, nous devons être aussi à leur côté, car nous savons tous l’importance de bien vivre sa retraite en bonne santé.

 

EN FRANCE : LES AVANCÉES SOCIALES CONFISQUÉES ET LA DÉMOCRATIE BAFOUÉE :

La crise sanitaire a montré l’efficacité de notre Sécurité Sociale, gagnée et mise en place par un ministre communiste et la CGT à la Libération. Elle a démontré les conséquences désastreuses sur l’hôpital public et sur notre système de santé des politiques libérales de réduction des coûts. La pénurie de médecins est un problème important aujourd’hui. Les médecins, les soignants sont de moins en moins nombreux face aux besoins de la population qui eux augmentent. La télémédecine ne peut se substituer à un praticien.

 

Et pourtant après avoir vanté, l’efficacité de notre système social, lors de la cris sanitaire, Macron et ses complices font tout pour la détruire et donner le pactole à ses amis de la finance et au détriment du peuple et surtout des retraité-e-s.

 

Le quoiqu’il en coûte du président Macron a détérioré encore plus notre système de santé, entrainant de fait pour les retraité-e-s qui sont éparpillés dans toutes les régions de France, une non prise en charge « selon leur besoin » comme le disait Ambroise Croizat, le tout à cause de ces déserts médicaux.

 

Il y a de plus en plus de désert médicaux Les personnels de santé sont en première ligne tout comme les « premiers de cordées » assurant les services publics et de nécessité dans la vie du pays. Ils ont eu droit aux « remerciements et applaudissements », avec une augmentation de salaire limité, sans embauche ni ouverture de lit.

 

Tout ceci montre bien la place accordée aux travailleur-se-s créateurs de richesses dans nos sociétés.

 

NOUS REVENDIQUONS :

De meilleurs salaires pour les actifs, de meilleures pensions pour les retraité-e-s, une amélioration de conditions de travail et une répartition des richesses entre tous. Arrêtons la théorie du ruissellement qui gave les riches et appauvrit les travailleurs.

 

La gratuité des transports urbains pour faciliter les déplacements et éviter l’isolement des retraité-e-s.

 

Une meilleure prise en charge des problèmes de santé pour les retraité-e-s, soins, dépendance…

 

DU POINT DE VUE REVENDICATIF, LA RETRAITE NE DOIT PAS REPRÉSENTER UNE RUPTURE AVEC LA VIE DE SALARIÉ-E.

La défense des intérêts des retraité-e-s commence quand on est actif : les conditions d’âge de départ en retraite, le montant des cotisations qui serviront à fixer le montant des retraites, les cotisations aux caisses de retraite complémentaire sont décidées jusqu’à présent par des accords paritaires avec les syndicats d’actifs.

 

À Air France les règles de la mutuelle sont décidées entre les syndicats d’actifs et retraités. Elles régissent le collège collectif et individuel. Notre problème est de faire que l’organisation syndicale CGT prenne en compte le collège individuel avec ses besoins spécifiques. Dans l’entreprise notre syndicat CGT doit s’investir toute la vie du salarié actif ou retraité sans oublier (comme pour les cadres) les spécificités de la vie en retraite.

 

Le défi pour le syndicalisme retraité est d’une part la continuité syndicale en améliorant nos relations avec la CGT des actifs, d‘autre part en montrant aux jeunes retraités que l’USRAF a une vie syndicale dynamique avec ses revendications spécifiques. Notre nouveau site Internet www.usrafcgt.fr en est la preuve.

 

Il souffre de la désyndicalisation générale des salariés et de leur souhait de tourner définitivement la page avec leur vie de salarié lorsqu’ils quittent le monde du travail.

 

La population des retraité-e-s croit d’année en année. Elle est de 75% environ de celle des actifs. Les revendications des retraités doivent être défendues par les retraités eux-mêmes sur le plan national et avec les actifs face à l’entreprise et aux pouvoirs publics.

 

Pour faire aboutir nos revendications, il nous faut une CGT plus forte. Le renforcement doit être une action continuelle, avec une formation de base.

 

Ce que nous devons viser, c’est un syndicat de retraités de masse et de classe. Le syndiqué doit évoluer en militant pour faire évoluer notre organisation et le niveau de conscience.

 

Cela passe par des modules d’information et de formation adressés aux actifs afin de leur faire prendre conscience de la nécessité d’un syndicalisme de retraité. Nous ne pouvons le faire seul, il nous faut les faire avec le syndicat CGT d’Air France.

 

LA SITUATION INTERNATIONALE :

Il est clair que Macron brandit quotidiennement une menace de guerre en Europe, tout en fermant les yeux sur tous les autres conflits, cela permet à lui et sa clique d’augmenter considérablement les budgets pour l’effort de guerre. Pour cela, il fait appel à l’intérêt général, ce qui lui permet d’occulter les réels problèmes de fond qui pourtant son des besoins vitaux pour les Français et surtout pour les retraités qui loin d’être des nantis.

 

Pour lui, l’équation est simple, on ne touche pas à ceux qui se gavent sans aucune mesure sous le fallacieux prétexte qu’ils quitteront la France, mais que les Français et surtout les retraités doivent consentir à des efforts pour financer une guerre.

 

Nous connaissons tous les conséquences des guerres avec ses problèmes économiques et démocratiques pour les populations, ainsi que la souffrance des travailleurs et la migration de nombreuses personnes venant de tous ces différents pays en guerre.

 

Ces guerres impérialistes ont des répercutions en France et en Europe à travers la question des migrants. Il n'est pas fait le même accueil aux migrants selon leurs origines et leurs motivations.

 

Toutes les guerres favorisent les crises économiques, le racisme, la xénophobie, et la discrimination ce qui permet au patronat et à l’extrême droite de pousser au dumping social par l'utilisation de la main d'œuvre à bon marché tout en stigmatisant cette main d’œuvre.

 

Nous devons tout mettre en œuvre afin d’imposer la PAIX dans le monde. Nous ne devons pas participer aux financements des guerres, ni même à l’alimentation en arme de tous les pays. Il nous faut penser à la transformation des usines d’armements en usines qui apporterait le progrès social à tous les peuples pour que les salariés qui travaillent dans ces usines ne se voient pas privés d’emplois.

 

L’USRAF CGT se prononce pour que les droits de l’homme et la dignité soient respectés pour les personnes migrantes sans distinction entre les causes de migration.

 

L’USRAF CGT A DES RESPONSABILITÉS !

L’USRAF CGT a la responsabilité de faire vivre l’activité et l’organisation d’un syndicat, bien en prise avec l’ensemble de sa population de retraités d’Air France, solidaire des autres organisations CGT des transports, capable de participer aux activités de la CGT dans les territoires.

 

L’USRAF CGT lutte pour la revalorisation des pensions, agit dans tous les domaines de la vie sociale, pour des réponses positives aux revendications des retraités visant à améliorer notre existence : accessibilité et qualité des transports, revalorisation des salaires et des pensions, régulation du transport en France. Ceux ne sont que quelques unes des revendications que nous pouvons partager avec les salariés actifs d’Air France, leur syndicat CGT, et l’Interpro.

 

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